La fontaine aromatique


MANUNAXOS

La Fontaine Aromatique


"L'essence d'une huile"
Saint-Leu
08/02/20

L'histoire de la fontaine aromatique (LFA) est avant toute celle d'un homme, Johan Morel. Originaire de l'île de La Réunion, il s'y installe en 2010 avec le désir d'un changement de vie, d'environnement et de reconversion professionnelle. Les convictions sont déjà affirmées et c'est vers la terre que se tourne Johan. L'ancien mécano ne cache pas son attachement à l'environnement et les terres de son grand-père, à la Fontaine St-Leu alors à l'abandon, vont devenir son terrain de jeu. L'apprentissage commencera par la remise en état du terrain puis il se lancera dans un BPA (Brevet Professionnel Agricole) en 2012. Fruits, légumes et élevage caprin, le mécanicien devenu agriculteur ne chôme pas, mais souhaite diversifier son activité avec quelque chose qui lui tient à cœur : la distillation. Celle-ci prendra le pas sur le reste de l'exploitation, pour se consacrer pleinement à la distillation d'huiles essentielles, faisant ainsi revivre terre familiale et savoir faire local.

 

 
 
Sur un domaine luxuriant perché dans les hauts de Saint-Leu,
au milieu des manguiers, grenadiers, bananiers et autres arbres fruitiers,
l'alambic en cuivre se présente comme le cœur de la fontaine aromatique (LFA).
 



 
L'alambic, pièce de collection sauvée d'une mort certaine grâce à Johan et un ami ferblantier (précieux car extrêmement rare) est fabriqué tout de cuivre et de rivets. Constitué de deux cuves dont une (cucurbite, chapiteau et col de cygne) repose sur un four réalisé selon un savoir-faire artisanal, la seconde cuve réfrigérante (serpentin) par laquelle huiles essentielles et hydrolat sortiront pour remplir l'essencier qui jouera son rôle séparateur.



 




La distillation commence par le travail de la terre.
Avant d'allumer le four et remplir les cuves, le distillateur accompagné de Manon et Charly, deux jeunes "woofers", se démènent sur le terrain en contre bas pour accomplir les tâches indispensables pour obtenir une matière première de qualité.
Désherber, assurer paillage (couvre sol) et l 'entretien, tailler, couper la récolte pour le lendemain, charger...etc.







La coupe se fait désormais au taille haie pour gagner du temps ,
de préférence en fin d 'après midi, la citronnelle restera à même le sol sur la parcelle (karo) pour sécher et sera ramassée le lendemain pour être distillée en fonction des conditions climatiques.
 



La fontaine aromatique (LFA) dispose d'un éventail assez large de plantes à distiller grâce notamment à l'exploitation de ses terres. Citronnelle, tea-tree, romarin, géranium rosat et citronné entre autres, cependant Johan pratique également la cueillette sur d'autres sites ( en accord avec ONF, particulier, apiculteurs...) élargissant ainsi sa gamme d'huiles essentielles.



Jour de distillation ( deux distillations présentées en une, citronnelle et camphre)
 

La citronnelle prête à être chargée dans la cuve.





Charly, déchargeant le camphre.
 


L'allumage du four à bois précède le remplissage du fond de la cuve en eau (250L) qui sera porté à ébullition générant ainsi de la vapeur d'eau. Puis viendra la pose du tamis sur lequel reposera le matière végétale (250 kg) à distiller.









Enfin, vient le tassement du contenu de la cuve, d'un volume de 1000 L,
la pose d'un joint d'étanchéité malaxé à partir des résidus de distillations ( ou compost)
et la pose du chapiteau, des serres-joints et du col de cygne pour fermer le circuit





















Les temps de distillations varient en fonction de la matière végétale distillée, cela peut prendre jusqu'à 24 h (vétiver) pour que la vapeur qui traverse la plante se charge des molécules aromatiques qui constituent l'huile essentielle et hydrolat. Deux à quatre heures seront nécessaires pour la citronnelle et le camphre, il ne reste plus qu'à attendre et veiller à ce que le foyer du four reste vivace.







Le premier filet de la substance tant convoitée fait son apparition à la sortie de la cuve réfrigérante, se déversant dans l'entonnoir en cuivre de l'essencier. Ce dernier a pour rôle de séparer huile et hydrolat par un principe de densité, l'huile remonte dans le goulot de l'essencier et l'hydrolat est récupéré dans une cruche en cuivre.




















Les quelques centilitres d'huiles essentielles et les litres d'hydrolats sont alors récupérés pour remplir de petites fioles placées directement dans la boutique embaumée de mille parfums,
ou Johan distille cette fois-ci son savoir sur les vertus thérapeutiques et autres applications de ses lotions aqueuses.




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